🩙 Distance Terre Lune En Puissance De 10

Faisonsun voyage dans l’univers, en sautant les distances de 10 en 10. On commence avec 100 et l’équivalence de 1 mĂštre, puis on augmente puissance 10 Ă  chaque fois. Jusqu’à la limite de notre imagination, en direction du macrocosme. Ensuite, on repart en arriĂšre, jusqu’au point de dĂ©part et de lĂ  commencer un voyage vers l Ladistance moyenne terre-lune est D=3,8 10 5 km. A quelle distance q du foyer de l'oculaire faut-il placer la pellicule pour que l'image de la lune est un diamĂštre d= 24 mm. La structure granulaire de la pellicule ne permet pas de sĂ©parer deux images distantes de moins de a=10mm. En l'absence d'autres limitations du pouvoir sĂ©parateur, calculer la distance minimale de deux Ladistance moyenne de la Terre au Soleil est Ă©valuĂ©e Ă  150 millions de km et celle de la Terre Ă  la Lun e Ă  3,8?105 km. (Pour les calculs prendre 4?105 km.) La longueur d’un pas de gĂ©ant ( de science fiction) est celle de la distance Terre-Lune. Combien de pas doit-il faire pour aller de la Terre au Soleil ? Exercice 8 : Un bĂ©bĂ© Sion dĂ©cale la virgule vers la gauche, la puissance est positive (on augmente la puissance de 10). Si on dĂ©cale la virgule vers la droite, la puissance est nĂ©gative (on diminue la puissance de 10). Exemples: +distance Terre-Lune : 384 000 000 m = 3,84 × 108 m vers la taille d’une cellule : 0,000 02 m = 2 × 10–5 m 2 Placer ces ordres de grandeurs sur une Ă©chelle graduĂ©e en puissance de 10. Exercice 2 La distance moyenne qui sĂ©pare le centre de la Terre et celui de la Lune varie entre d P =356375km et d A =406720km 1. Exprimer l’intensitĂ© F de la force d’attraction entre la Terre et la Lune. 2. DĂ©terminer la valeur de F lorsque la Lune se Exercicen°10 : Écrire C, D, E et F sous la forme oĂč et sont des rĂ©els non nuls et et sont des entiers relatifs. Exercice n°11 : Écrire A, B et C sous la forme oĂč est un entier relatif. Exercice n°12 : La lune tourne autour de la Terre selon une orbite elliptique. La distance moyenne Terre-Lune est environ 384 400 km. lalune c est facile a comprendre ed la plume de l argilete lune livre jeunesse illustrateur jeunesse. quelle est la vitesse de rotation de la terre. m8 m20 ngc 6559 in sagittarius constellations astronomie ciel et espace. c est quoi l iss 1jour1actu com l actualite a hauteur d enfants station spatiale station spatiale internationale thomas pesquet . epingle sur astronomie. Ladistance donnĂ©e Ă©tant en m, on peut Ă©tablir le tableau de proportionnalitĂ© suivant : AnnĂ©es-lumiĂšre (al) 1. D. Distance (m) 9,467 x 10 15 m. 4 x 10 16. On peut alors dĂ©terminer grĂące Ă  ce tableau, la distance D en al, soit : Donc l’étoile Proxima du 2 Les conversions d’unitĂ©s en utilisant les puissances de 10 Quand on convertit une mesure dans l’unitĂ© de base (sans multiple), il est plus rapide d’utiliser les puissances de 10. Les puissances trĂšs souvent utilisĂ©es en Physique-Chimie sont : On remplace la lettre du multiple par la puissance, sans changer le nombre Ă  convertir DistanceTerre-Lune: 384 x103 km = 3,84 x105 km (en cas de difficultĂ©, donner d'abord l'Ă©criture dĂ©cimale : Autrement dit: Pour diviser deux puissances de 10, on soustrait leurs exposants. C.Puissance de puissances de 10 : Questions 7 et 8 a. (104)2 = 10 0002= 100 000 000 = 108 b.(106)3 8= 1000 0003= 1000 000 000 000 000 000= 10 c. 7)1(10 = 10 000 0001= 10 000 000 = 10 9 m) : 1 million de km, 2.5 fois la distance Terre-Lune, l'Homme n'a jamais atteint cette distance (10 12 m) : 1 milliard de km, plusieurs fois la distance Terre-Soleil (10 13 m) : 10 milliards de km, tout le systĂšme solaire (10 16 m) : 10 000 milliards de km, 1 annĂ©e-lumiĂšre, pas encore d'autre Ă©toile au voisinage du Soleil LaTerre est parmi les caractĂ©ristiques les plus importantes du ciel de la Lune. Son diamĂštre apparent (1,9°) est de quatre fois le diamĂštre de la Lune vue depuis la Terre, mais parce que l'orbite de la Lune est excentrĂ©, la taille apparente de la Terre dans le ciel varie d'environ plus ou moins 5 % (entre 1,8° et 2,0° de diamĂštre). distanceterre soleil en puissance de 10 m. rayon atome d'hydrogĂšne. , nm. ,. m. m. altitude du mont blanc. m. ,. m. m. dimension d'une molĂ©cule. nm. . m. m. rayon de la terre. km. ,. m. Leparsec (pc) est d’environ 30 856 775 814 671 900 mĂštres, soit environ 3,09 × 10ÂčÂł km. Un parsec reprĂ©sente la distance du Soleil Ă  un objet astronomique, comme une planĂšte, une Ă©toile, une lune ou un astĂ©roĂŻde, qui a un angle de parallaxe Ă©gal Ă  une seconde d’arc. Puissance10. Menu. About us; DMCA / Copyright Policy; Privacy Policy; Terms of Service xDD4. Table des matiĂšres La mesure des distances est un problĂšme impossible Ă  traiter avec de faibles moyens, et qui reste difficile aujourd’hui, malgrĂ© l’arsenal d’intruments dont on dispose. Il se pose pour tous les objets cĂ©lestes, et il n’existe pas de solution unique. Plus un objet est loin, plus sa distance est difficie Ă  mesurer. La premiĂšre des remarques est qu’on ne peut pas utiliser les mĂ©thodes de la vie courante, qui consistent Ă  placer un Ă©talon de longueur en face de l’objet Ă  mesurer impossible d’aller jusqu’à l’objet dont on mesure la distance, et si mĂȘme on pouvait y aller il ne serait pas possible de dĂ©rouler un mĂštre en ruban
 Toutes les mĂ©thodes astronomiques de mesure des distances sont donc indirectes. Au moins dans le sens ci-dessus mentionnĂ©. On distingue des mĂ©thodes gĂ©omĂ©triques, applicables pour les objets proches, puis des mĂ©thodes physiques pour les objets plus lointains, et enfin des mĂ©thodes cosmologiques pour les plus distants. La premiĂšre catĂ©gorie Ă©tait accessible aux observateurs de l’AntiquitĂ©, et leur a permis d’obtenir des rĂ©sultats parfois forts corrects. Les autres n’avaient pas de sens avant le XXe siĂšcle, par manque de connaissances physiques. Nous allons voir dans ce chapitre la progression des idĂ©es dans ce domaine. MĂ©thodes gĂ©omĂ©triques 1 MĂ©thodes antiques DiamĂštre et distance de la Lune Aristarque de Samos a imaginĂ© une mĂ©thode pour mesurer le diamĂštre et la distance de la Lune ; Avec une assez bonne approximation, on peut considĂ©rer que les premier et dernier quartiers sont alignĂ©s. Il s’ensuit que le Soleil est beaucoup plus Ă©loignĂ© que la Lune. On peut donc supposer que l’ombre de la Terre est un cylindre en rĂ©alitĂ© c’est un cĂŽne, mais son angle au sommet est trĂšs faible, et cette approximation est acceptable. En observant la Lune au cours d’une Ă©clipse totale, Aristarque vit qu’elle restait dans l’ombre du Soleil pendant presque deux heures. Or en une heure, elle se dĂ©place sur le ciel de son propre diamĂštre. En position 1, la Lune est juste totalement Ă©clipsĂ©e. Au bout d’une heure, elle se trouve en 2, ayant avancĂ© de son propre diamĂštre. Au bout de 2 heures, elle se trouve en 3, toujours totalement dans l’ombre. Elle en sort alors. Ainsi la Lune est trois fois plus petite que la terre. Si L est le diamĂštre de la Lune, et T celui de la terre L = 0,3 T. On voit la Lune sous un angle de 32â€Č Ă  peu prĂšs ; on a donc tg 32â€Č = L / d = 0,3 T / d = 0,0093 d’oĂč d = 0,3 T / 0,0093 = 32 T = 64 R La valeur correcte est de 60 R. Aristarque avait donc trouvĂ© une excellente approximation. Remarquons que cette mesure est relative ! Elle exprime la distance de la Lune par rapport au rayon de la Terre. C’est trĂšs souvent, en Astronomie, qu’on rencontrera ce genre de problĂšme. Il est plus facile d’obtenir des rapports que des valeurs absolues. Le diamĂštre de la Terre ayant Ă©tĂ© mesurĂ©, la Lune et son orbite sont maintenant connues. Distance Terre-Soleil La distance du Soleil a Ă©tĂ© mesurĂ©e par Aristarque de Samos, qui a dĂ©fini une mĂ©thode dĂ©rivĂ©e de l’observation de la Lune. Le Premier Quartier PQ se produit lorsqu’on voit exactement la moitiĂ© de la Lune Ă©clairĂ©e. Ce qui prouve que l’angle Terre-Lune-Soleil est droit, et ceci ne dĂ©pend pas de la distance du Soleil c’est vrai sur les deux dessins ci-dessous. Si le Soleil Ă©tait Ă  l’infini, le Premier Quartier serait exactement Ă  mi-chemin entre la Nouvelle Lune et la Pleine Lune Ce n’est pas le cas, le Soleil est Ă  distance finie. Par consĂ©quent, le Premier Quartier est plus proche de la Nouvelle Lune que de la Pleine Lune l’arc d’orbite Ă  parcourir est plus court. Si on suppose que l’orbite de la Lune est un cercle, parcouru Ă  vitesse constante, l’intervalle de temps entre la Nouvelle Lune et le Premier Quartier est plus court que l’intervalle entre le Premier Quartier et la Pleine Lune. Aristarque a mesurĂ© le temps Ă©coulĂ© entre la Nouvelle Lune et le Premier Quartier, puis entre le Premier Quartier et la Pleine Lune. Il a trouvĂ© une diffĂ©rence de 6 heures ; il en a dĂ©duit un angle de 3°. En rĂ©solvant le triangle, il trouve que le Soleil est 20 fois plus loin que la Lune. Les angles LTH et LST sont Ă©gaux leurs cĂŽtĂ©s sont respectivement perpendiculaires LT ⊄ LS ; HT ⊄ ST L’angle LTH Ă©tant mesurĂ©, LST lui est donc Ă©gal. Son sinus donne sin LST = LT / ST ⇒ ST = LT / sin LST. Calculant sinus LST, la distance Terre-Soleil ST est obtenue en fonction de la distance LT. La difficultĂ© de cette mĂ©thode tient dans l’observation de l’instant prĂ©cis du Premier Quartier. Observant Ă©videmment Ă  l’Ɠil nu, Aristarque s’est trompĂ© assez largement sur le dĂ©calage ; la vraie valeur est de seulement 35 minutes. Il s’ensuit que le Soleil est, non pas 20 fois, mais 387 fois plus Ă©loignĂ© que la Lune. Nous retiendrons l’astuce de ces premiers astronomes qui ont su trouver des rĂ©sultats pertinents sans l’appareillage complexe dont nous disposons maintenant. L’important Ă©tait surtout que le Soleil se trouve beaucoup plus loin de nous que la Lune. Et comme il a le mĂȘme diamĂštre apparent, c’est qu’il est aussi beaucoup plus gros. D’autre part, on savait dĂ©jĂ , par des mĂ©thodes gĂ©omĂ©triques simples, que la Lune est Ă  60 rayons terrestres de nous 60 × = km au lieu de km de valeur moyenne, ce qui est une excellente prĂ©cision. Donc le Soleil se trouvait Ă  des millions de km de la Terre, ce qui est dĂ©jĂ  assez loin pour permettre certaines approximations. Distance VĂ©nus-Soleil Si on considĂšre que la Terre tourne autour du Soleil, ce qu’avait envisagĂ© Aristarque de Samos au IIIe siĂšcle avant JC, on peut dĂ©finir simplement les distances relatives des planĂštes au Soleil. Prenons le cas de VĂ©nus. En tournant autour du Soleil, elle se voit parfois le matin, parfois le soir. Entre les deux, elle se rapproche du Soleil, passe devant ou derriĂšre, puis s’en Ă©loigne Ă  nouveau. Au moment oĂč elle occupe une position extrĂȘme plus grande Ă©longation, son plus grand Ă©loignement angulaire au Soleil, on peut mesurer l’angle qui la sĂ©pare du Soleil. A partir de cet angle, il est trĂšs facile de calculer la distance de VĂ©nus au Soleil, en prenant celle de la Terre pour unitĂ© Il est facile de mesurer l’angle α. On remarque qu’au moment de la plus grande Ă©longation α maximum, la droite joignant la Terre Ă  VĂ©nus est tangente Ă  l’orbite de VĂ©nus. Par consĂ©quent, elle est perpendiculaire au rayon joignant VĂ©nus au Soleil. Le triangle TVS Ă©tant donc rectangle en V, le sinus de l’angle α est sin α = SV / ST. Copernic remarqua que cet angle maximum Ă©tait de 46°.Par suite SV = sin α ST = sin 46° ST = 0,7 ST. SV = 0,7 ST. En choisissant ST, la distance de la Terre au Soleil, comme unitĂ© appelĂ©e UnitĂ© Astronomique et notĂ©e UA, on obtient la distance de VĂ©nus au Soleil dans cette nouvelle unitĂ© VĂ©nus est Ă  0,7 UA du Soleil. C’est cette mĂ©thode relative qui a dĂ©terminĂ© le choix de la distance Terre-Soleil pour unitĂ© astronomique. On peut vĂ©rifier avec les donnĂ©es modernes que 150 × 0,7 = 105 millions de km, ce qui est un excellent ordre de grandeur pour la distance de VĂ©nus au Soleil. L’unitĂ© astronomique vaut km. Exercice trouver une mĂ©thode trĂšs simple, ne nĂ©cessitant aucun instrument particulier, pour mesurer l’angle entre le Soleil et VĂ©nus en effectuant cette mesure plusieurs fois, de jour en jour, on obtiendra le maximum nĂ©cessaire pour la mĂ©thode citĂ©e plus haut.Surtout ne regardez pas la solution ! Il est beaucoup plus difficile de mesurer une distance en kilomĂštres. La premiĂšre Ă©valuation de ce genre a Ă©tĂ© faite par Giovanni Domenico Cassini dit Jean-Dominque Cassini, en mesurant la parallaxe de Mars entre la France et la Guyane. Cette parallaxe est l’angle α ci-dessous. Connaissant la distance entre ces deux points F et G sur Terre, il en dĂ©duisit la distance dans la mĂȘme unitĂ© entre les deux planĂštes. Une mĂ©thode semblable, mais bien plus prĂ©cise mĂ©thode des passages, est dĂ©crite dans le chapitre consacrĂ© Ă  VĂ©nus. 2 Parallaxe La mĂ©thode des parallaxes est excellente, mais elle est trĂšs dĂ©licate Ă  mettre en Ɠuvre. Il a fallu attendre des moyens d’observation Ă©voluĂ©s pour pouvoir l’utiliser, mais alors elle a rĂ©volutionnĂ© notre connaissance de notre entourage stellaire. Pour comprendre son principe, faisons une petite expĂ©rience. Tendons le bras en avant, index levĂ©. On voit le doigt se profiler devant le mur d’en face. Si on ferme l’Ɠil droit, on va voir le doigt devant l’image du tĂ©lĂ©phone. Sans bouger, fermons maintenant l’Ɠil gauche. Le doigt ne se projette plus devant le tĂ©lĂ©phone, mais devant le flocon de neige. On va profiter de cela pour mesurer la distance du doigt La distance entre les deux yeux produit un effet de perspective, que l’on nomme parallaxe. Cet effet est d’autant plus marquĂ© que l’objet observĂ© est plus proche, c’est-Ă -dire que sa distance est plus petite devant l’écart entre les yeux. On peut le mesurer par l’angle que font les rayons lumineux sur le dessin. Historiquement, c’est ThalĂšs qui a le premier dĂ©crit la mĂ©thode ; il l’a utilisĂ©e pour mesurer de loin la hauteur d’une pyramide. Dans le triangle formĂ© par les yeux et le doigt, on connait la distance e entre les yeux, et on mesure l’angle α. On en dĂ©duit la distance d. C’est ce que notre cerveau fait en permanence vous voyez bien que vous savez calculer un sinus !. Si on ferme un Ɠil, on perd la notion de profondeur. L’idĂ©e des astronomes a Ă©tĂ© d’augmenter l’écart entre les yeux ! Pour simuler cela, ils ont pris deux photos du ciel Ă  6 mois d’intervalle. Sur ces photos, il y a des Ă©toiles trĂšs lointaines, qui jouent le rĂŽle du mur, et des Ă©toiles proches qui jouent le rĂŽle du doigt. La distance entre les deux yeux les deux photos est la dimension de l’orbite de la Terre ! 300 millions de kilomĂštres. Avec cela, on peut espĂ©rer mesurer la distance des Ă©toiles les plus proches. On connait la base du triangle ; c’est le diamĂštre de l’orbite terrestre. On mesure l’angle α ; il ne reste plus qu’à rĂ©soudre le triangle, pour calculer l’un des cĂŽtĂ©s. La connaissance de l’angle α est donc Ă©quivalente Ă  celle de la distance. La relation utilisĂ©e est A / sin a = B / sin b = C / sin coĂč A, B et C sont les cĂŽtĂ©s,a, b, c les angles respectivement opposĂ©s aux cĂŽtĂ©s. On nomme parallaxe l’angle sous lequel on voit le rayon de l’orbite terrestre et non pas son diamĂštre comme sur le schĂ©ma ci-dessus ; par l’observation, on mesure l’angle α, et on le divise par deux pour obtenir la parallaxe de l’étoile. On utilise le rayon de l’orbite terrestre, parce que c’est l’unitĂ© astronomique. Parsec Cette mĂ©thode a donnĂ© une nouvelle unitĂ© de distance le parsec est la distance correspondant Ă  une parallaxe d’une seconde. C’est donc 1 parsec = distance Ă  laquelle on voit l’UnitĂ© Astronomique sous un angle d’une seconde AbbrĂ©viation pc Remarque 1 le parsec est dĂ©fini Ă  partir de l’unitĂ© astronomique, donc les distances entre les Ă©toiles peuvent ĂȘtre mesurĂ©es dans la mĂȘme unitĂ© que les distances dans le systĂšme solaire homogĂ©nĂ©itĂ© du systĂšme d’unitĂ©s astronomiques. Ce n’est pas le cas avec l’annĂ©e-lumiĂšre, dont la dĂ©finition ne fait intervenir que les propriĂ©tĂ©s de la lumiĂšre. On peut toutefois Ă©tablir des formules de transformation des unitĂ©s, qui permettront de passer de l’une Ă  l’autre 1 pc = 3,26 annĂ©es-lumiĂšre = Ă  peu prĂšs 3 1013 km Cette mĂ©thode des parallaxes a permi de mesurer depuis le sol les distances stellaires avec une prĂ©cision de 10 Ă  20 % jusqu’à une distance de 30 pc. Pour sa cohĂ©rence avec l’unitĂ© astronomique, le parsec prĂ©sente un grand intĂ©rĂȘt, et les astronomes ont tendance Ă  l’utiliser Ă  la place de l’annĂ©e-lumiĂšre. Remarque 2 l’annĂ©e-lumiĂšre a un grand intĂ©rĂȘt pĂ©dagogique. Si on veut avoir une idĂ©e des distances dans l’Univers, il suffit de dire que la Terre est Ă  8 minutes-lumiĂšre du Soleil, alors que l’étoile la plus proche est Ă  4,2 annĂ©es-lumiĂšre. On peut dire que l’écart entre 8 minutes et 4,2 annĂ©es saute aux yeux ! C’est beaucoup plus parlant que de comparer en km que signifient et milliards de kilomĂštres ?. Mesures des parallaxes depuis le sol Les Ă©toiles sont si loin, que leurs parallaxes sont trĂšs faibles, et bien difficiles Ă  mesurer. Impossible Ă  l’Ɠil nu en tous cas, et cette impossibilitĂ© Ă  suscitĂ© des oppositions au systĂšme hĂ©liocentrique de Copernic puisqu’on ne voit pas de dĂ©placement annuel des Ă©toiles, c’est que la Terre est fixe ! Il a fallu attendre donc d’avoir de bons instruments pour mettre la parallaxe des Ă©toiles les plus proches en Ă©vidence. C’est Bessel qui a publiĂ© la premiĂšre mesure en 1838, de la parallaxe de l’étoile 61 Cygni 0,29″, 11,36 AL, soit 3,48 pc ; 61 Cyg est aussi la premiĂšre Ă©toile dont on ait mesurĂ© le mouvement propre. Cette mesure fut une justification supplĂ©mentaire de l’hĂ©liocentrisme. La petitesse de la parallaxe de toutes les Ă©toiles sauf les toutes proches, rend trĂšs difficile sa mesure, et les instruments au sol, avec la turbulence atmosphĂ©rique, sont bien limitĂ©s. Pour progresser, il faut se dĂ©barrasser de l’atmosphĂšre, donc observer depuis l’espace. Avant cela, on disposait seulement des positions de 300 Ă©toiles avec une prĂ©cision de 10 %. MĂȘme depuis l’espace, seules les Ă©toiles les plus proches seront mesurables. On imagine dĂ©jĂ  que pour les plus lointaines, il faudra trouver des mĂ©thodes indirectes. La parallaxe est une mesure Ă©quivalente aux mesures que l’on fait sur Terre, par comparaison avec un Ă©talon. De ce fait, elle sera la base de toute dĂ©termination de distance dans l’Univers, d’oĂč son importance. Hipparcos Le satellite Hipparcos High Precision PARallax COllecting Satellite de l’Agence Spatiale EuropĂ©enne ESA, lancĂ© par Ariane IV le 8 aoĂ»t 1989 depuis la base de Kourou, observant hors de l’atmosphĂšre, a augmentĂ© 50 fois la prĂ©cision des mesures, sur un nombre d’étoiles multipliĂ© par 80 ! Ses rĂ©sultats ont amenĂ© les astronomes Ă  revoir tout le systĂšme de mesures de l’Univers. le tĂ©lescope Hipparcos image ESA Il Ă©tait Ă©quipĂ© d’un petit tĂ©lescope de Schmidt de 29 cm de diamĂštre, lui permettant d’atteindre la magnitude 12,4. Il observait simultanĂ©ment deux rĂ©gions Ă©cartĂ©es de 58° l’une de l’autre. Il Ă©tait en rotation lente un tour en 2 h 8 minutes, provoquant un balayage systĂ©matique du ciel. C’est ce balayage qui permettait de mesurer les positions. Il a observĂ© Ă©toiles Ă  moins de 500 AL de la Terre, avec une prĂ©cision de l’ordre du milliĂšme de seconde d’arc. Il a produit trois catalogues la catalogue Hipparcos, contenant Ă©toiles mesurĂ©es Ă  1 mas ; le catalogue Tycho, contenant plus d’un million d’étoiles Ă  une prĂ©cision de 20 Ă  30 mas ; le catalogue Tycho2, qui est une extension du prĂ©cĂ©dent, contenant Ă©toiles, avec une prĂ©cision un peu amĂ©liorĂ©e. Il couvre 99 % de toutes les Ă©toiles de magnitude infĂ©rieure Ă  11. Le rĂ©sultat le plus spectaculaire d’Hipparcos a Ă©tĂ© la modification de toutes les distances dans l’Univers. La rĂ©vision des erreurs antĂ©rieures sur la distance des Ă©toiles, base de toutes les distances dans l’Univers, ont entraĂźnĂ© une augmentation de la taille estimĂ©e de l’Univers. Correlativement, l’ñge de l’Univers a Ă©tĂ© rĂ©visĂ© Ă  la baisse. Gaia L’Agence Spatiale EuropĂ©enne a construit un successeur d’Hipparcos, nommĂ© Gaia. Gaia fait partie du programme scientifique de l’ESA Horizon 2000, comprenant Rosetta, Herschel, Planck, Lisa, BepiColombo et Gaia. Il a Ă©tĂ© lancĂ© le 19 dĂ©cembre 2013 depuis la base europĂ©enne de Kourou, par une fusĂ©e Soyouz Fregat. Gaia est arrivĂ© Ă  son poste, autour du point de Lagrange L2, le 8 janvier 2014. le tĂ©lescope Gaia image ESA Cet instrument est exceptionnel. Il a Ă©tĂ© entiĂšrement rĂ©alisĂ© en carbure de silicium SiC monture, support, miroir
 afin de garantir la meilleure stabilitĂ© thermique pour la fiabilitĂ© des mesures. Il comporte deux tĂ©lescopes sĂ©parĂ©s d’un angle de 106,5°. Les faisceaux qui en Ă©mergent sont combinĂ©s. Cette mĂ©thode est plus efficace que celle utilisĂ©e sur Hipparcos optique de combinaison Ă  la sortie plus petite et plus lĂ©gĂšre, angle mĂ©caniquement constant. Gaia est 50 fois plus prĂ©cis qu’Hipparcos, et mesurera plus d’un milliard d’étoiles jusqu’à la magnitude 20 position, photomĂ©trie, spectre. Ce nombre reprĂ©sente quelque chose comme 1 % des Ă©toiles de la Voie LactĂ©e. La durĂ©e de la mission est de 5 ans. A cette magnitude limite, il dĂ©terminera les positions du milliard d’étoiles Ă  la prĂ©cision de 300 ”as micro arc-seconde. C’est fois plus d’étoiles qu’Hipparcos, Ă  une prĂ©cision plus de 3 fois meilleure. Notez bien que, passant de la magnitude 12 Ă  la magnitude 20, on observe des Ă©toiles considĂ©rablement plus Ă©loignĂ©es une Ă©toile de M = 5 assez semblable au Soleil, Ă  250 pc apparaĂźt Ă  la magnitude m = 12 ; on la voit Ă  m = 20 si elle est Ă  pc, soit 40 fois plus loin ! Jusqu’à cette distance AL, la prĂ©cision sur la distance sera meilleure que 20 %. Pour les Ă©toiles proches, Gaia obtiendra une prĂ©cision bien meilleure jusqu’à la magnitude 12, c’est Ă  mieux que 7 ”as que l’on obtiendra les mesures. Ceci reprĂ©sente une piĂšce d’un euro sur la Lune. A cette prĂ©cision, il faut tenir compte des effet de lentille gravitationnelle produits par le Soleil bien sĂ»r, mais aussi par les planĂštes, et mĂȘme certains satellites ! La prĂ©cision sera meilleure pour les Ă©toiles rouges type spectral M, que pour les bleues. La prĂ©cision de position atteinte pourrait permettre la dĂ©couverte de 10 Ă  exoplanĂštes, par la mesure des changements provoquĂ©s par leur circulation orbitale. Ce n’est plus seulement la vitesse radiale, mais aussi le mouvement propre tangentiel de l’étoile qui trahit la planĂšte ! Un changement radical dans la façon de considĂ©rer les exoplanĂštes. Gaia apportera aussi de nombreux renseignements sur les propriĂ©tĂ©s physiques des Ă©toiles luminositĂ©, tempĂ©rature, composition chimique
 Mais aussi un catalogue des astĂ©roĂŻdes, des naines brunes, des quasars Enfin, toute explosion de la prĂ©cision en science a apportĂ© son lot de dĂ©couvertes inattendues. Gageons que ce sera le cas aussi pour Gaia. Gaia embarque aussi un dĂ©tecteur de photomĂ©trie, et un spectromĂštre vitesse radiale. Ces trois instruments sont alignĂ©s dans le plan focal, de sorte qu’un astre passe successivement sur les trois. Ainsi, on peut dire qu’ils travaillent en parallĂšle. La photomĂ©trie en plusieurs couleurs donnera une indication sur le dĂ©calage spectral des objets mesurĂ©s. Le premier but de Gaia est la constitution d’un catalogue d’étoiles en trois dimensions, avec les vitesses. Mais grĂące au spectromĂštre, des donnĂ©es physiques sur les Ă©toiles seront aussi mesurĂ©es. Le rĂ©sultat sera une connaissance extrĂȘmement approfondie de toutes les Ă©toiles dans un volume important autour du Soleil. Sachant que des propriĂ©tĂ©s de celles-ci on extrapole les propriĂ©tĂ©s de l’Univers, on mesure l’importance de cette mission. Le satellite Ă©tant destinĂ© Ă  balayer tout le ciel plusieurs fois, il est Ă©vident que tous les objets assez brillants seront observĂ©s. Ceci inclus des astĂ©roĂŻdes, des comĂštes, et d’autres objets beaucoup plus lointains. Ces observations seront des retombĂ©es du programme principal. MĂ©thodes physiques 3 MĂ©thodes actives Laser Une premiĂšre mĂ©thode utilise le laser, et sert pour mesurer la distance Terre-Lune tĂ©lĂ©mĂ©trie laser-Lune. Des lasers de puissance tirent des Ă©clairs vers les rĂ©flecteurs laser qui ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s Ă  la surface de la Lune par les missions Apollo ainsi que les rovers soviĂ©tiques Lunokhod. Ces rĂ©flecteurs sont des coins optiques, c’est-Ă -dire des coins de cube, aluminiĂ©s Ă  l’intĂ©rieur, qui renvoient tout rayon lumineux qui les frappe, quelle que soit l’incidence, vers l’émetteur l’usinage de ces coins est trĂšs prĂ©cis, les angles font 90° Ă  mieux qu’une seconde prĂšs. La prĂ©cision des mesures est de l’ordre du centimĂštre. L’observatoire de la CĂŽte d’Azur abrite l’un des lasers-Lune Station de tĂ©lĂ©mĂ©trie laser MĂ©O MĂ©trologie Optique, ancienne LLR pour Lunar Laser Ranging, tĂ©lescope de 1,54 m de diamĂštre, laser YAG Yttrium, Aluminium, Grenat Ă©mettant 10 tirs par seconde, retour 1 photon tous les 100 tirs, prĂ©cision d’horloge de 7 ps 7 pico secondes, 7 10-12 s, prĂ©cision de mesure 15 Ă  30 ps qui donne un rĂ©sultat Ă  quelques millimĂštres prĂšs. Le rĂ©sultat le plus spectaculaire de ces expĂ©riences est la mesure prĂ©cise de l’éloignement annuel de la Lune, dĂ» aux marĂ©es, et qui se monte Ă  3,8 cm / an. Il n’est pas possible d’utiliser le laser sur des cibles planĂ©taires le nombre de photons retournĂ©s serait bien trop faible, surtout en l’absence de rĂ©flecteurs. Radar Pour les planĂštes donc, on utilise un radar. Ou tout au moins quelque chose qui fonctionne sur ce principe. L’idĂ©e est la mĂȘme que pour le laser il s’agit d’éclairer la surface d’une planĂšte, et de capter l’éclair en retour. Au lieu d’ĂȘtre dans le domaine visble, la lumiĂšre utilisĂ©e ici est de longueur d’onde bien plus grande, ce sont des micro-ondes. L’ennui ici est qu’on ne dispose pas de rĂ©flecteurs Ă  la surface, et donc le rendement est mauvais. TrĂšs peu de puissance radio nous revient, ce qui limite l’emploi de la mĂ©thode. Les paraboles des radars n’ont pas la surface suffisante pour envoyer un faisceau jusqu’à une planĂšte, mĂȘme proche. On utilise donc un radiotĂ©lescope, dont le miroir est trĂšs grand. Un Ă©metteur est placĂ© au foyer du miroir, Ă  cĂŽtĂ© du rĂ©cepteur. L’instrument est utilisĂ© successivement en Ă©mission puis en rĂ©cpetion c’est le principe qui est appliquĂ© pour les radars routiers
. Le plus grand ayant Ă©tĂ© utilisĂ© est celui d’Arecibo. La radioastronomie est passive, en ce sens qu’elle dĂ©tecte des ondes Ă©mises par les astres, alors que la mĂ©thode dĂ©crite ici est active, elle envoie un faisceau vers la planĂšte dont on veut connaĂźtre la distance. La prĂ©cision est meilleure que le kilomĂštre. AppliquĂ©e Ă  VĂ©nus, cette mĂ©thode donne une excellente valeur de la distance et permet, en retour, de fixer l’UnitĂ© Astronomique sa valeur est de km. Les difficultĂ©s ont amenĂ© des rĂ©sultats fantaisistes au dĂ©but, mais Ă  partir de 1961, des donnĂ©es correctes ont Ă©tĂ© obtenues. Mars a Ă©tĂ© observĂ©e depuis Arecibo, et des dĂ©tails de surface ont Ă©tĂ© mis en Ă©vidence. Sur Mercure, plus lointaine, la distance est le rĂ©sultat Ă  attendre. La mĂ©thode a Ă©tĂ© appliquĂ©e pour cartographier des astĂ©roĂŻdes passant prĂšs de la Terre. Par exemple 216 Kleopatra, qui a la forme d’un gros nonos ! Le radar a Ă©tĂ© utilisĂ© aussi, toujours pour mesurer des distances, mais dans des circonstances trĂšs diffĂ©rentes. EmbarquĂ© Ă  bord d’une satellite placĂ© en orbite autour de VĂ©nus, le faisceau est assez Ă©troit grĂące Ă  la proximitĂ©, pour ne sonder qu’une petite partie du terrain placĂ© en-dessous. Si on connait trĂšs bien l’orbite du satellite, la mesure de la distance sol-satellite point par point permet de reconstituer toute l’altimĂ©trie de la planĂšte. C’est ainsi que VĂ©nus, toujours cachĂ©e sous d’épais nuages et impossible Ă  photographier, a pu ĂȘtre cartographiĂ©e. Cette cartographie prĂ©cise a mis en Ă©vidence les volcans, et toutes les formations gĂ©ologiques, certaines n’existant que sur VĂ©nus. Pareillement, la sonde Cassini a cartographiĂ© la surface de Titan, Ă©galement couverte de nuages. Elle a mis en Ă©vidence, outre les altitudes, des diffĂ©rences de rĂ©flexivitĂ© du sol, qui ont permi de dĂ©tecter des lacs d’hydrocarbure Ă  la surface. Mis en rapport avec les photos prises sous les nuages par le module europĂ©en Huygens, c’est toute la connaissance de Titan qui en a Ă©tĂ© bouleversĂ©e. Dans ces expĂ©riences de cartographie, ce sont toujours les distances qui sont mesurĂ©es essentiellement, mais dans un but dĂ©rivĂ©. On s’éloigne un peu de la mesure pure des distances. La mĂ©thode des parallaxes est excellente, et fournit une grande prĂ©cision, Ă  condition de pouvoir mesurer l’angle sous lequel on voit une Ă©toile par rapport aux Ă©toiles du fond. Mais cette prĂ©cision ne peut ĂȘtre atteinte que dans le voisinage immĂ©diat du Soleil Il existe de nombreuses mĂ©thodes, basĂ©es sur des phĂ©nomĂšnes diffĂ©rents ; nous allons en survoler quelques unes. Mais auparavant, voyons une analogie plus parlante. 4 MĂ©thodes passives Analogie des mesures dans une ville Imaginons qu’on veuille rĂ©aliser le plan d’une ville, en restant sur le toit d’un immeuble. On ne pourrait pas mesurer directement la distance des autres immeubles, et de plus, certains bĂątiments en cacheraient d’autres. La distance des immeubles trĂšs proches peut ĂȘtre mesurĂ©e directement par trigonomĂ©trie voir plus loin en se dĂ©plaçant sur le toit, on les voit se dĂ©tacher devant des points diffĂ©rents repĂ©rĂ©s sur les collines au loin. La mesure de ce dĂ©placement permet de calculer trĂšs simplement la distance. Mais plus les immeubles sont lointains, plus faible est leur dĂ©placement apparent devant le paysage. Lorsque ce dĂ©placement devient trop faible, sa mesure n’est plus possible, et donc la distance ne peut plus ĂȘtre calculĂ©e. Mais avec un peu d’astuce, on peut s’en sortir tout de mĂȘme ! L’idĂ©e de base est que les immeubles sont plus ou moins semblables, qu’ils soient proches ou lointains. On peut vĂ©rifier cette idĂ©e sur les plus proches, dont a on mesurĂ© les distances. Une fois la mĂ©thode Ă©prouvĂ©e sur ceux-lĂ , on l’extrapolera vers les immeubles plus lointains. ConsidĂ©rons par exemple la luminositĂ© des fenĂȘtres la nuit. On peut calculer la luminositĂ© moyenne des fenĂȘtres sur l’ensemble des immeubles proches. On vĂ©rifie en mĂȘme temps que les fenĂȘtres beaucoup plus ou beaucoup moins lumineuses que la moyenne sont trĂšs rares. Cette moyenne est donc significative. Puisqu’on connaĂźt la distances des immeubles sur lesquels on a fait cette analyse, on en dĂ©duit la luminositĂ© moyenne des fenĂȘtres en fonction de la distance. Observons maintenant les fenĂȘtres d’un immeuble plus lointain, trop lointain pour que sa distance puisse ĂȘtre mesurĂ©e par trigonomĂ©trie. La luminositĂ© apparente des fenĂȘtres introduite dans la relation prĂ©cĂ©dente donnera la distance. Nous faisons en permanence cette gymnastique mentale sans en prendre conscience. La prĂ©cision est moins bonne, mais l’ordre de grandeur reprĂ©sente une trĂšs bonne approximation. Si la ville est trĂšs grande, on ne pourra pas mesurer la luminositĂ© des fenĂȘtres pour les immeubles les plus lointains. Il faudra se contenter de critĂšres concernant non plus un dĂ©tail de l’immeuble, mais l’immeuble dans son ensemble. Il est Ă©vident qu’il existe des immeubles de tailles trĂšs diffĂ©rentes. Mais si on regarde les plus hauts parmi ceux dont on a dĂ©terminĂ© la distance, on s’aperçoit qu’ils sont Ă  peu prĂšs de la mĂȘme hauteur correspondant peu que peu Ă  ce qu’on sait faire, techniquement ou financiĂšrement. Alors, pour les faubourgs lointains, on pourra Ă©valuer la distance Ă  laquelle se trouve un quartier dans son ensemble, Ă  la condition qu’il s’y trouve quelques grands immeubles, dont on mesurera la luminositĂ© globale. Mais on ne pourra pas prĂ©ciser la distance d’un immeuble en particulier. Enfin, si la ville est vraiment trĂšs grande, on pourra Ă©tablir des statistiques sur les quartiers eux-mĂȘmes, et s’en servir pour dĂ©terminer la distance des plus lointains. C’est un ensemble de mĂ©thodes de ce genre qu’on utilise en astronomie, Ă©tant donnĂ© que la Terre, sur son orbite, reprĂ©sente le toit de l’immeuble auquel nous sommes attachĂ©s. Depuis notre observatoire, qui se dĂ©place de 300 millions de kilomĂštres au cours de l’annĂ©e, nous voyons les Ă©toiles proches se dĂ©placer lĂ©gĂšrement par rapport au plus lointaines, et ceci permet de mesurer leurs distances par trigonomĂ©trie. Ensuite, ayant analysĂ© les propriĂ©tĂ©s physiques des Ă©toiles proches, de distance connue, on peut extrapoler ces mĂȘmes propriĂ©tĂ©s vers les plus lointaines, et en dĂ©duire une distance approximative. Bien Ă©videmment, ces mĂ©thodes sont de moins en moins prĂ©cises Ă  mesure qu’on s’éloigne, puisque les erreurs de chacunes des mĂ©thodes utilisĂ©es pour y parvenir s’accumulent. Adaptation Ă  la SĂ©quence Principale Cette mĂ©thode s’applique Ă  un amas d’étoiles, et est basĂ©e sur le diagramme HR. Ce dernier est construit en plaçant les points figuratifs d’un groupe d’étoiles sur un graphique dont l’axe des abscisses porte la tempĂ©rature effective, et l’axe des ordonnĂ©es la magnitude absolue. Que se passerait-il si, au lieu de la magnitude absolue en gĂ©nĂ©ral inconnue, on mettait la magnitude visuelle ? La magnitude visuelle dĂ©pend de la distance, la magnitude absolue en est dĂ©barrassĂ©e. Si on considĂšre deux Ă©toiles de mĂȘme tempĂ©rature effective, et situĂ©es Ă  des distances diffĂ©rentes, elles seront placĂ©es sur une mĂȘme verticale, puisque la tempĂ©rature effective en abscisse est la mĂȘme, mais Ă  des hauteurs diffĂ©rentes, puisque leur Ă©clat sera diminuĂ© diffĂ©remment selon leur distance. Si on fait la mĂȘme chose pour toutes les Ă©toiles d’un amas, dont les dimensions sont petites devant la distance, on peut considĂ©rer que toutes ses Ă©toiles sont affaiblies de la mĂȘme façon par l’éloignement, qui est Ă  peu prĂšs le mĂȘme pour toutes. Donc, leurs magnitudes visuelles seront Ă©gales Ă  leurs magnitudes absolues plus une constante, la mĂȘme pour toutes. Par consĂ©quent, le diagramme HR Ă©laborĂ© avec les magnitudes apparentes sera une ligne parallĂšle Ă  la SĂ©quence Principale, dĂ©calĂ©e vers le haut ou le bas de cette constante. Puisqu’on connait trĂšs bien le diagramme HR construit avec les magnitudes absolues, il suffira de dĂ©caler la ligne reprĂ©sentative des magnitudes visuelles pour l’amener en superposition avec la SĂ©quence Principale. La valeur du dĂ©calage reprĂ©sente le module de distance, et permet de calculer la distance. Les CĂ©phĂ©ides La mĂ©thode que nous allons considĂ©rer date du dĂ©but du XXe siĂšcle, et repose sur les propriĂ©tĂ©s d’étoiles semblables. Comme nous venons de le voir, la mĂ©thode gĂ©omĂ©trique, appliquĂ©e du sol ou de l’espace, permet de mesurer les distances des Ă©toiles proches. Connaissant ces distances, on connait l’éclat des Ă©toiles concernĂ©es, et on peut Ă©tudier leur comportement. Certaines de ces Ă©toiles, comme ÎŽ CephĂ©e, prĂ©sentent des variations de luminositĂ© ; on les appelle Ă©toiles variables. Mais les CĂ©phĂ©ides varient pĂ©riodiquement, de maniĂšre trĂšs prĂ©cise. Et une astronome, Miss Henrietta Leavitt, a montrĂ© au dĂ©but du XXe siĂšcle, que leur pĂ©riode Ă©tait liĂ©e Ă  leur luminositĂ© ou magnitude absolue. Par consĂ©quent, pour les CĂ©phĂ©ides proches, dont la distance est connue par la mĂ©thode gĂ©omĂ©trique, la magnitude absolue est connue aussi ; on mesure la pĂ©riode, on en dĂ©duit la relation. Cette relation Ă©tant maintenant connue, on peut l’appliquer Ă  d’autres CĂ©phĂ©ides plus lointaines, dont on ignore la distance. On mesure leur magnitude apparente et leur pĂ©riode. De la pĂ©riode on dĂ©duit la magnitude absolue en utilisant la relation ; on dispose maintenant de la magnitude visuelle et de la magnitude absolue. Il est aisĂ© d’en dĂ©duire la distance. En dĂ©tails, on mesure m la magnitude visuelle totale, B et V les magnitudes visuelles restreintes Ă  la partie Bleue et Visible- ou jaune - du spectre, obtenues derriĂšre des filtres. La pĂ©riode s’obtient en traçant la courbe de lumiĂšre m par rapport au temps, sur une durĂ©e de l’ordre du mois. La pĂ©riode est le temps qui s’écoule entre deux maxima successifs de la courbe de lumiĂšre. Si on mesure sur plusieurs mois, on amĂ©liore la prĂ©cision sur la pĂ©riode. La pĂ©riode P et B - V observĂ©s permettent de calculer la magnitude absolue, grĂące Ă  la relation ci-dessus flĂšches 1 et 2 ; et la relation entre la magnitude visuelle, la magnitude absolue et la distance permet donc de dĂ©duire la distance flĂšches 3 et 4. La chance veut que les CĂ©phĂ©ides soient des Ă©toiles trĂšs brillantes, que l’on voit de loin. Elles permettent donc de mesurer les distances des amas d’étoiles et des galaxies qui les contiennent. On dit que ce sont des indicateurs de distance secondaires. C’est sur l’étude des CĂ©phĂ©ides que repose tout le systĂšme de mesure des distances dans l’Univers. La distance, tirĂ©e de la relation m - M = 5 - 5 log d s’exprime par d = exp5 -m +M / 5 A partir d’une certaine distance, il n’est plus possible de voir des CĂ©phĂ©ides. Pour mesurer les distances, on utilise alors des objets plus lumineux, visibles de plus loin. Ces objets sont en particulier les noyaux de galaxies. Bien Ă©videment, la prĂ©cision des ces mesures, trĂšs indirectes, est plus faible. Toute la connaissance de l’Univers est donc basĂ©e sur les mesures gĂ©omĂ©triques pour les objets proches, puis sur les CĂ©phĂ©ides plus loin, puis sur la luminositĂ© globale de trĂšs gros objets plus loin encore. Plus on s’éloigne, plus la prĂ©cision des mesures diminue. Mira Ceti Les Ă©toiles de type Mira sont aussi trĂšs brillantes, et obĂ©issent Ă  une relation semblable Ă  celle des CĂ©phĂ©ides. Elles sont aussi utilisĂ©es pour dĂ©terminer les distances. Loi de Tully-Fisher En 1977, Tully et Fisher ont dĂ©couvert une relation empirique entre la vitesse de rotation d’une spirale et sa luminositĂ©. NommĂ©e loi de Tully-Fisher, cette relation s’exprime par L ∝ V4 La vitesse V est la vitesse de rotation du disque galactique, L est la luminositĂ© de la galaxie. L’étude de quelques galaxies assez proches pour que la distance puisse ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par les CĂ©phĂ©ides, permet de calibrer la relation, c’est-Ă -dire de dĂ©terminer la constante de proportionalitĂ©. Il est facile de la dĂ©terminer par l’observation, tout au moins pour les galaxies dont on est capable de prendre un spectre relativement dĂ©taillĂ©. ConsidĂ©rons une raie spectrale, Hα par exemple. On la verra en absorption provenant des diffĂ©rentes parties de la galaxie. La contribution du bulbe donne une raie spectrale dont le dĂ©calage vers le rouge est dĂ» Ă  la distance Ă  laquelle se trouve la galaxie expansion de l’Univers. DĂ©calons l’ensemble du spectre de cette quantitĂ©, pour le voir comme si la galaxie Ă©tait au repos par rapport Ă  nous. Les parties externes du disque, dans leur rotation s’approchent et s’éloignent de nous. Le bord qui s’approche produit un dĂ©calge vers le bleu, le bord qui s’éloigne un dĂ©calge vers le rouge. L’ensemble de la galaxie prĂ©sente donc une raie spectrale non pas verticale dans le spectre, mais inclinĂ©e. L’angle dont lequel elle s’incline permet de dĂ©terminer la vitesse de rotation apparente en projection sur le ciel, selon l’inclinaison de la galaxie par rapport Ă  nous. L’aspect de la galaxie donne par ailleurs une approximation de l’angle sous lequel elle se prĂ©sente Ă  nous. La connaissance de cet angle permet de dĂ©terminer la vitesse de rotation rĂ©elle de la galaxie. Nous avons vu comment, par l’observation, dĂ©terminer la vitesse de rotation d’une spirale. Il ne reste maintenant qu’à appliquer la relation de Tully-Fischer pour en obtenir la luminositĂ©, c’est-Ă -dire la magnitude absolue M. Enfin, la mesure de la magnitude apparente m permet, toujours avec la mĂȘme relation, de dĂ©terminer la distance. Loi de Faber-Jackson C’est l’équivalent de la loi de Tully-Fischer pour les galaxies elliptiques. Elle joue donc le mĂȘme rĂŽle. Les galaxies elliptiques Ă©tant maintenues par la pression, et non par la rotation, la loi de Tully-Fischer ne s’applique Ă©videmment pas. Mais au lieu de la vitesse de rotation, on peut utiliser la dispersion de vitesses, qui caractĂ©rise la pression dans le cƓur de la galaxie. C’est ce qu’ont fait Sandra Moore Faber et Robert Earl Jackson, et ils ont obtenu la relation empirique L ∝ 4 Cette relation a Ă©tĂ© ensuite analysĂ©e et critiquĂ©e par D. Gudehus, qui a proposĂ© une relation plus complexe, ayant davantage de paramĂštres. MĂ©thode cosmologique 5 MĂ©thodes basĂ©es sur l’expansion de l’univers Loi de Hubble Cette loi, dite de Hubble, a Ă©tĂ© dĂ©couverte en rĂ©alitĂ© par Alexandre Friedman et Georges LemaĂźtre, Ă  partir de la RelativitĂ© GĂ©nĂ©rale, et s’exprime par V = H d oĂč V est la vitesse apparente d’éloignement de la galaxie, et d sa distance. H est la constante de Hubble, qui n’est en fait que la valeur actuelle d’une variable. Elle reprĂ©sente le taux d’expansion de l’Univers, et varie donc avec la rĂ©partition de la masse en son sein. A petite distance si l’on peut dire, cette loi donne une distance qui a un sens, V Ă©tant mesurĂ©e par le dĂ©calage spectral. Mais si d est grande, elle devrait tenir compte de la variation de la "constante" H avec le temps et l’éloignement. La valeur de H est trĂšs difficile Ă  Ă©tablir correctement, et n’est pas encore universellement acceptĂ©e. On donne aujourd’hui H0 = 72 km s-1 Mpc-1 La vitesse Ă©tant croissante avec l’éloignement, on peut chercher Ă  quelle distance elle atteint la vitesse de la lumiĂšre V = km s-1 = 72 km s-1 Mpc-1 d ⇒ d = km s-1 / 72 km s-1 Mpc-1 d = Mpc, ou 13,5 milliards d’annĂ©es-lumiĂšre. On trouve donc que la vitesse dĂ©finie de cette maniĂšre tend vers la vitesse de la lumiĂšre lorsqu’on s’approche du Big Bang. En rĂ©alitĂ©, le calcul esrt plus complexe, puisque H varie avec le temps. Ici, nous n’avons calculĂ© qu’une approximation avec H constant. SN Ia Les SN Ia servent aussi d’indicateurs de distance. Distance comobile Au-delĂ  des mĂ©thodes prĂ©cĂ©dentes, on ne connait plus d’objets assez lumineux et prĂ©sentant des propriĂ©tĂ©s stables pour dĂ©finir une mĂ©thode de mĂȘme type que les prĂ©cĂ©dentes. La solution vient de l’expansion de l’Univers, et de la relation entre distance et dĂ©calage vers le rouge. Malheureusement, cette relation est fort complexe, et dĂ©pend de multiples paramĂštres que l’on ne maĂźtrise pas. Pour essayer de s’y retrouver quelque peu, commençons par une analogie qui explique l’expansion de l’Univers. Prenons une bande de caoutchouc Ă©lastique, et traçons-y en noir les graduations d’un mĂštre en ruban et les chiffres correspondant. Cette idĂ©e saugrenue devient intĂ©ressante par analogie avec l’espace-temmps. Ajoutons en rouge deux points, disons espacĂ©s de 50 cm. Ils reprĂ©senteront deux galaxies. Si on tire sur l’élastique, elle s’allonge rĂ©guliĂšrement, et la distance entre les graduations augmente. LĂ  oĂč il y avait un centimĂštre, il y en aura deux. Mais cette opĂ©ration ne change pas les nombres inscrits ! La distance entre les deux points indique toujours 50 cm, mĂȘme s’ils sont maintenant espacĂ©s rĂ©ellement de 1 m. C’est exactement ce que font les astronomes. L’expansion de l’Univers change sans cesse les distances rĂ©elles entre deux galaxies typiques. Si on imagine que des graduations sont indiquĂ©es dans l’espace-temps, elles s’écarteront de mĂȘme avec l’expansion, mais indiqueront toujours la mĂȘme chose. Pour cette raison, on dit qu’on utilise un rĂ©fĂ©rentiel comobile, en ce sens qu’il bouge, par l’expansion, avec les objets qu’il permet de repĂ©rer. Dans le rĂ©fĂ©rentiel comobile, la distance distance comobile dc entre deux galaxies reste constante au cours du temps. Mais la distance physique dφ varie comme on le comprend. La distance physique dφ est parfois appelĂ©e distance propre. Pour faire cela, on a inventĂ© le facteur d’échelle at. Dans l’exemple ci-dessus, on a imaginĂ© que les distances doublent dans un certain temps t le temps de tirer sur l’élastique. Le facteur d’échelle at correspondant sera 2. La distance des galaxies toujours dans notre exemple est toujours de 50 cm. Donc dφ = 1 m = at dc = 2 × 50 cm De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, nous aurons dφ = at dc On peut comprendre l’avantage de cette notion. Le facteur d’échelle, entre deux dates, nous indique de combien l’Univers a grossi dans cet intervalle. Si on a cette information, alors on peut savoir quelle est la distance entre les deux galaxies connaissant leur distance comobile. Le facteur d’échelle dĂ©pend du temps, et aujourd’hui, il vaut 1, afin que la distance propre distance physique, soit celle que l’on mesure maintenant. On a donc a1 = 1. On peut dĂ©terminer la dĂ©pendance entre z et at z = λ0 - λe / λe et λe = at λ0 la longueur d’onde est une longueur particuliĂšre, et Ă©volue comme telle D’oĂč l’on tire 1 + z = 1 / at Le facteur d’échelle reprĂ©sentant l’expansion, il est Ă©vident qu’il dĂ©pend du modĂšle d’Univers choisi. Si l’Univers Ă©tait vide de matiĂšre, l’expansion ne serait pas freinĂ©e, et se poursuivrait sans limite. Si l’Univers Ă©tit Ă  forte densitĂ©, l’expansion serait fortement ralentie. Le facteur d’échelle devrait Ă©videmment suivre ces comportements. En regroupant les deux formules, on obtient la distance physique en fonction du dĂ©calage spectral dφ = dc / 1 + z Nous allons maintenant voir comment on peut mesurer les distances dans l’Univers. Distance de luminositĂ© Une façon de dĂ©terminer les distances, largement utilisĂ©e dans l’espace proche, utilise cette propriĂ©tĂ© plus un astre de luminositĂ© donnĂ©e est loin, plus il apparaĂźt faible. Sa lumiĂšre se rĂ©pand dans l’espace, selon une sphĂšre de rayon dφ on est Ă  la distance physique dφ. L’éclat apparent diminue donc comme 1 / dφ2. En fonction du facteur d’échelle, dφ = at × d0, oĂč d0 est la distance comobile. Lorsque la distance est grande, les effets de l’expansion se font sentir. La lumiĂšre Ă©mise nous arrive dĂ©calĂ©e vers le rouge. Un photon voit donc sa longueur d’onde augmenter, tout simplement selon le dĂ©calage spectral Δλ / λ0 = z ⇒ λ - λ0 / λ0 = z d’oĂč λ = λ0 1 + z. Les longueurs d’onde sont multipliĂ©es par le facteur 1 + z. Puisque l’énergie des photons est inversement proportionnelle Ă  la longueur d’onde, l’énergie de chaque photon est divisĂ©e par 1 + z. Nous voyons donc des photons qui portent moins d’énergie, comme si la source Ă©tait plus loin ! Si nous appliquons la mĂ©thode habituelle pour dĂ©terminer la distance, nous obtiendrons une distance nommĂ©e distance de luminositĂ©, qui est plus grande que la distance rĂ©elle physique dans le facteur 1 + z. Donc dlum = dφ 1 + z Si un objet est proche, son dĂ©calage spectral z est trĂšs petit, et peut ĂȘtre nĂ©gligĂ© devant 1 z â‰Ș 1. On retrouve alors dlum = dφ, ce qui justifie l’usage de cette mĂ©thode Ă  petite distance petit z. Si on mesure dlum et z, on peut en dĂ©duire dφ, ce qui est satisfaisant pour l’esprit on peut imaginer oĂč se trouve l’objet qu’on est en train de regarder, quelque part dans un espace-temps figurĂ©. Mais quelle est la signification de cette distance "rĂ©elle", Ă©tant donnĂ© que nous ne pouvons pas voir l’objet Ă  cette position ? Dans ce qui prĂ©cĂšde, nous avons supposĂ© que l’Univers est plat sa gĂ©omĂ©trie est euclidienne. S’il n’en Ă©tait pas le cas, l’influence de la gĂ©omĂ©trie modifierait encore ce rĂ©sultat une gĂ©omĂ©trie hyperbolique Ă©loignerait encore les objets, la distance-lumioĂšre serait encore plus grande. Par contre, une gĂ©omĂ©trie sphĂ©rique les rapprocherait, annulant au moins partiellement l’effet du dĂ©calage spectral. Ceci nous indique que cette notion de distance dĂ©pend de la gĂ©omĂ©trie de l’Univers, que nous ne connaissons pas vraiment. Actuellement, il semble bien que l’Univers soit plat, donc Ă  gĂ©omĂ©trie euclidienne. Distance angulaire La taille des galaxies spirales est relativement peu dispersĂ©e autour d’une moyenne. Notre Voie LactĂ©e, AndromĂšde, sont assez reprĂ©sentatives de ces objets. Alors, si on mesure l’angle sous lequel on voit une spirale, on peut en dĂ©duire sa distance, en supposant qu’elle ait la taille moyenne. Ceci donne une approximation valable. LĂ  encore, pour les objets proches, on obtient une distance qui est en parfait accord avec les autres mesures distance de lumiĂšre par exemple, ou CĂ©phĂ©ides. Mais lorsque z croĂźt, les choses se gĂątent encore, et la divergence se manifeste. Reprenons l’élastique-mĂštre variable. Etendue, elle reprĂ©sente l’Univers aujourd’hui. Si on la raccourci, on remonte le temps vers le Big Bang. Que fait-on quand on mesure la distance angulaire ? On consdĂšre la dimension physique de l’objet observĂ©. Par exemple, on considĂšre une spirale de AL de diamĂštre. Ces AL restent constants lorsqu’on remonte le temps, alors que les mesures dans l’Univers raccourcissent. On peut, pour illustrer ce phĂ©nomĂšne, dĂ©couper une spirale en papier, et la poser sur l’élastique. En raccourcissant l’élastique, la spirale paraĂźt de plus en plus grosse par comparaison. Elle grossit donc comme l’Univers diminue. Or, en remontant le temps, l’Univers diminue comme 1 + z. Donc, la dimension des objets semble grossir comme 1 + z, c’est-Ă -dire que ddiam = dφ / 1 + z DĂ©monstration de cette loi MĂ©trique FLRW, au moment te oĂč la lumiĂšre a Ă©tĂ© Ă©mise ds2 = -c2 dt2 + a2te [dr2/1- kr2 + r2 dΞ2 + sin2 Ξ dφ2] ds est la taille de la galaxie, r0 sa distance. On considĂšre dΞ l’angle sous lequel on voit la galaxie. dφ = 0, dr = 0 et dt = 0. Il reste donc ds2 = a2te r02 dΞ2, d’oĂč ds = ate r0 dΞ, et dΞ = ds / ate r0. Par l’expansion, ate = a0 / 1 + z. Donc dΞ = ds 1 + z / a0 r0 Par dĂ©finition, la distance angulaire est ddiam = ds / dΞ, donc ddiam = a0 r0 / 1 + z Puisque a0 r0 = dφ, on retrouve ddiam = dφ / 1 + z Cette propriĂ©tĂ© contre-intuitive a un avantage important les galaxies les plus lointaines nous donnent toujours une image exploitable. Si leur comportement correspondait Ă  notre intuition, ces galaxies ne nous apparaĂźtraient que comme des points lumineux, sans aucune structure apparente. C’est donc bien ce qui nous permettra de comprendre l’évolution des galaxies depuis leur naissance ! Si on remonte le temps, z → ∞ et donc ddiam → 0. Plus un objet une galaxie est loin, plus sa distance de diamĂštre angulaire diminue il semble d’autant plus prĂšs ! Mais attention, sa distance de lumiĂšre augmente, car il paraĂźt bien plus faible. Calculons le rapport entre la distance de lumiĂšre et la distance de diamĂštre angulaire dlum = dφ 1 + z → dφ = dlum / 1 + z etddiam = dφ / 1 + z → dφ = ddiam 1 + z En Ă©galant les deux valeurs de dφ il vient dlum / 1 + z = ddiam 1 + z, soit dlum = ddiam 1 + z2 ValiditĂ© de ces distances Que signifient toutes ces distances ? Pas grand chose, puisqu’elles ne donnent pas les mĂȘmes valeurs. Mais chacune a son propre domaine d’utilisation, selon les mesures qu’on est capable de faire. Elles dĂ©pendent de la gĂ©omĂ©trie de l’Univers, qui n’est pas complĂštement assurĂ©e. Aussi, les cosmologistes prĂ©fĂšrent utiliser z, qui est une mesure directe, et qui a un sens quel que soit le modĂšle utilisĂ©. L’emploi de z permet de s’abstraire de ce modĂšle, et de renvoyer Ă  plus tard le choix, si on est capable de le faire. Evidemment, ils se forgent dans la tĂȘte une reprĂ©sentation qui leur permet de se comprendre lorsqu’ils parlent de z, et c’est ce que nous devons faire aussi. L’espace-temps est bien un tout, et sĂ©parer l’espace du temps n’a pas de sens. Mais deux objets au mĂȘme z sont observĂ©s dans une mĂȘme phase de leur histoire, et c’est ça qui compte et permet de les comparer. Le dĂ©calage spectral z est un indicateur de distance, s’il n’est pas une distance au sens habituel du terme. Cependant, pour obtenir cette reprĂ©sentation mentale, il faut d’abord s’appuyer sur une notion tangible. Aussi, il faut avoir une idĂ©e non prĂ©cise, des distances correspondant Ă  z. Non pour savoir oĂč se trouve un objet en milliards de parsecs, mais pour comprendre comment Ă©volue z, car son comportement est fortement non linĂ©aire. z = 1 est dĂ©jĂ  une trĂšs grande distance, et un retour Ă©norme vers le passĂ©. Ensuite, les valeurs de z augmentent bien plus vite que les distances dans l’espace et dans le temps. ans aprĂšs le Big Bang correspond Ă  z = Ă  la recombinaison. ans plus tĂŽt, c’est le Big Bang, z est infini ! Voici un tableau qui donne une idĂ©e de ces ordres de grandeur -=OO=- Une expression que l’on retrouve souvent en science order of magnitude en anglais. – Dans le langage courant, un ordre de grandeur est simplement l’approximation grossiĂšre d’une grandeur quelconque. Par exemple, la tempĂ©rature en France est de l’ordre de 15°C. – En science, un ordre de grandeur reprĂ©sente une puissance de 10. L’ordre de grandeur de la distance Terre-Lune est de 108 mĂštres car la distance Terre-Lune est de 384 000 km 100 000 kilomĂštres = 100 000 000 mĂštres =108 mĂštres. L’ordre de grandeur du diamĂštre d’un cheveux est de 10-4 mĂštres car un cheveux possĂšde un diamĂštre d’environ 80 microns je rappelle que le micron est Ă©gale Ă  un milliĂšme de millimĂštre, donc100 microns = mĂštres = 10-4 mĂštre. En physique, lorsque l’on s’intĂ©resse Ă  l’infiniment grand ou l’infiniment petit, il est plus aisĂ© de manipuler des ordres de grandeur plutĂŽt que des nombres. Cette mĂ©thode ne fournit pas de rĂ©sultats justes mais elle a le mĂ©rite de pouvoir conforter certaines thĂ©ories qui calculent une grandeur dont nous n’avons aucun Ă -priori. Dans l’infiniment grand ou petit, on peut obtenir facilement des puissances de 10 avec 2 chiffres en exposant supĂ©rieurs Ă  1010 et ces nombres sont si gigantesques ou si minuscules qu’ils ne signifient plus rien pour notre sens commun. Les ordres de grandeurs permettent de fixer des limites et de voir si un rĂ©sultat physique dĂ©rivant d’une thĂ©orie est crĂ©dible. Par exemple, le modĂšle d’Univers fini de Friedmann permet de calculer facilement le nombre d’atomes dans l’Univers et ce modĂšle donne comme rĂ©sultat 0,5×1081 atomes. VĂ©rifions si ce nombre, sans doute le plus grand jamais produit par la physique, est plausible
 Voici comment compter le nombre d’atomes dans l’Univers observable de tĂȘte en moins de deux minutes avec des ordres de grandeurs Les astronomes estiment dans notre Univers observable le nombre de galaxies Ă  1011 et une galaxie moyenne comme la notre est composĂ©e d’environ 1011 Ă©toiles. Notre Soleil est une Ă©toile de taille moyenne et sa masse est de l’ordre de 1033 grammes. De plus nous savons que la majoritĂ© des atomes et donc de la masse sont des atomes d’hydrogĂšne et dans un gramme d’hydrogĂšne, il y a environ 1024 atomes. Nous obtenons donc un ordre de grandeur de 1011×1011×1033×1024 = 1079 atomes dans notre Univers, ce qui conforte l’idĂ©e que le nombre obtenu avec le modĂšle de Friedmann est plausible. Nous pouvons donc dire sans trop de tromper Le nombre d’atomes dans l’Univers est de l’ordre de 1080 atomes » Je me suis toujours demander Y a t-il une borne infĂ©rieure et une borne supĂ©rieure aux grandeurs physiques ? Bien Ă©videmment, cela dĂ©pend de la grandeur physique mais je me pose la question pour toutes les grandeurs confondues en unitĂ© du SystĂšme International. Le nombre d’atomes dans l’Univers peut constituer une limite supĂ©rieur aux ordres de grandeurs physiques Ă  mon avis. A ma connaissance, aucun phĂ©nomĂšne ne peut produire des grandeurs physiques supĂ©rieures. En physique quantique, on peut Ă©galement dĂ©finir des bornes infĂ©rieures pour un intervalle de temps ou une longueur en utilisant les unitĂ©s de Planck. Ce systĂšme d’unitĂ© est compliquĂ© Ă  expliquer et je n’entrerai pas dans les dĂ©tails mais comme en physique quantique tout est quantifiĂ©, il y a une plus petite division possible. Cette quantification s’effectue avec ce que l’on appelle la constante de Planck h = 6,626 10-34 On peut ainsi dĂ©finir la plus petite longueur possible Ă  partir de laquelle la gravitĂ© pourrait intervenir la longueur de Planck, lp = 1,616 × 10-35 mĂštres. Certaines thĂ©orie comme la thĂ©orie ces cordes postulent que rien ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă  la longueur de Planck. Le plus petit intervalle de temps mesurable est naturellement dĂ©finit par le temps nĂ©cessaire Ă  un photon pour parcourir la longueur de Planck dans le vide tp=5,391 × 10-44 secondes . Concernant la tempĂ©rature, la tempĂ©rature minimale thĂ©orique est fixĂ©e par dĂ©finition Ă  0 Kelvin. TempĂ©rature oĂč plus rien ne bouge, aucune particule excitĂ©e. You may also like About the author IngĂ©nieur au CERN Organisation EuropĂ©enne pour le Recherche NuclĂ©aire Ă  GenĂšve, Suisse. La marĂ©e dĂ©signe le processus de variation pĂ©riodique du niveau de la mer, en gĂ©nĂ©ral semi-diurne pĂ©riode proche de 12h, mais diurne dans certaines rĂ©gions. La marĂ©e est due Ă  l’attraction lunaire, et dans une moindre mesure Ă  l’attraction du Soleil qui module son amplitude selon la phase de la Lune et diffĂ©rentes pĂ©riodes astronomiques. Des courants par endroit trĂšs violents sont associĂ©s aux marĂ©es dans les zones cĂŽtiĂšres. Les courants de marĂ©e jouent par ailleurs un rĂŽle global sur le climat en contribuant au mĂ©lange vertical de l’ocĂ©an, qui refroidit la surface par le contact avec l’eau profonde. Enfin Ă  l’échelle des temps gĂ©ologiques, la marĂ©e ralentit la rotation terrestre et Ă©loigne la Lune de la Terre. 1. Des observations depuis l’antiquitĂ© Les liens entre marĂ©e et mouvement de la Lune sont connus empiriquement depuis l’antiquitĂ© [1]. Le moment de la basse mer marĂ©e basse et de la pleine mer marĂ©e haute retarde d’environ 25 minutes par marĂ©e. Ce retard de 1/60 jour correspond au dĂ©placement de la Lune sur son orbite de 1/60 tour en 12 h. A cause de ce retard la pĂ©riode effective de marĂ©e est de 12 h 25 mn. On sait aussi que les marĂ©es sont plus intenses pendant la pleine et la nouvelle Lune vives eaux que pendant les premiers et derniers quartiers mortes eaux, comme on peut le voir sur la premiĂšre courbe de la Figure 1, montrant la hauteur d’eau enregistrĂ©e Ă  Brest. Ceci indique que le Soleil contribue aux marĂ©es. La marĂ©e est particuliĂšrement forte aux Ă©quinoxes et dĂ©pend aussi de la distance de la Lune qui varie d’environ 10 % Ă  cause de son orbite elliptique. L’amplitude de marĂ©e en un lieu donnĂ© est ainsi modulĂ©e par un coefficient de marĂ©e qui varie de 20 Ă  120 selon les diffĂ©rentes pĂ©riodes astronomiques. Figure 1. Enregistrements de hauteur d’eau sur diffĂ©rents sites [Source © Shom – Extrait du guide La marĂ©e »]Le marnage, diffĂ©rence de hauteur entre basse mer et pleine mer, dĂ©pend aussi beaucoup du lieu. Les valeurs les plus fortes atteignent environ 18 m en Baies d’Ungava et de Fundy Quebec, 16,5 m dans l’Estuaire de la Severn Grande-Bretagne et 15 m au Mont Saint- Michel. Le marnage se limite en revanche Ă  quelques dizaines de cm dans d’autres rĂ©gions de l’ocĂ©an. Par ailleurs cette oscillation Ă  dominante semi-diurne, typique des cĂŽtes Atlantiques, n’est pas observĂ©e partout, comme les montrent les courbes de la Figure 1 [2]. Nous y reviendrons plus loin. En raison de son Ă©lasticitĂ©, la Terre solide est Ă©galement soumise Ă  un effet de marĂ©e mais avec une amplitude moindre, de quelques dizaines de cm. Ce que l’on observe en bord de mer est la diffĂ©rence entre la marĂ©e ocĂ©anique et cette marĂ©e terrestre. Les mesures anciennes Ă©taient rĂ©alisĂ©es prĂšs du rivage par des marĂ©graphes Ă  flotteur, plus rĂ©cemment remplacĂ©s par des dĂ©tecteurs de niveau d’eau par ultrasons ou radar. Les satellites altimĂ©triques permettent maintenant de cartographier la marĂ©e sur l’ensemble de la surface ocĂ©anique par mesure radar, aprĂšs calibration par des bouĂ©es dont la position est repĂ©rĂ©e par GPS. 2. ThĂ©orie statique de Newton Les marĂ©es ont Ă©tĂ© trĂšs tĂŽt interprĂ©tĂ©es comme un effet d’attraction de la Lune et du Soleil. Cependant ces explications butaient sur le fait que la mer est soulevĂ©e non seulement du cĂŽtĂ© de la Lune, mais aussi du cĂŽtĂ© opposĂ©, conduisant Ă  la pĂ©riode principale de 12h plutĂŽt que 24 h. C’est Isaac Newton 1643-1727 qui a le premier compris ce paradoxe grĂące Ă  sa thĂ©orie de la gravitation universelle publiĂ©e en 1687 dans son fameux ouvrage Philosophiae Naturalis Principia [3]. Les marĂ©es y tiennent une place importante car c’était Ă  cette Ă©poque l’effet le plus tangible de l’attraction par un corps extĂ©rieur Ă  la Terre. Figure 2. a SchĂ©ma de la thĂ©orie statique’ de Newton; b schĂ©ma plus rĂ©aliste tenant compte de l’entrainement du bourrelet par la rotation terrestre. Il apparait un couple qui ralentit progressivement la rotation de la Terre et Ă©loigne la Lune voir section 8. Newton a tout d’abord compris que si la Terre maintient la Lune en orbite par sa force d’attraction, la Lune doit en retour exercer une force Ă©gale et opposĂ©e sur la Terre c’est le principe de l’action et de la rĂ©action. Ainsi la Terre tourne un peu autour de la Lune, plus prĂ©cisĂ©ment autour de leur barycentre commun point G sur la Figure 2. Tout corps sur la Terre l’accompagne dans son mouvement autour de ce barycentre, de la mĂȘme façon qu’un cosmonaute en orbite reste en apesanteur prĂšs de son vaisseau spatial. En effet tout corps subit la mĂȘme accĂ©lĂ©ration dans un champ de pesanteur quelle que soit sa masse. Ce qui va dĂ©placer l’ocĂ©an par rapport Ă  la Terre est donc non pas le champ d’attraction principal de la Lune, mais la diffĂ©rence entre ce champ et celui agissant au centre de la Terre. Un excĂšs dattraction s’exerce au plus prĂšs de la Lune et un dĂ©faut d’attraction du cĂŽtĂ© opposĂ© plus Ă©loignĂ©, produisant un bourrelet de chaque cĂŽtĂ©, comme montrĂ© sur la Figure 2. Un autre argument Ă©quivalent consiste Ă  se placer dans un repĂšre tournant autour de ce barycentre Ă  la vitesse angulaire orbitale de la Lune la force centrifuge compense alors l’attraction lunaire au centre de la Terre, mais elle domine au point opposĂ© Ă  la Lune, tandis que l’attraction domine du cĂŽtĂ© de la Lune. Ceci conduit respectivement aux deux bourrelets. Dans la thĂ©orie dite statique proposĂ©e par Newton, ce bourrelet est supposĂ© fixe par rapport au systĂšme Terre-Lune. Au cours de sa rotation autour de la Terre, un point passe ainsi successivement par chaque bourrelet conduisant Ă  deux marĂ©es hautes par jour, d’oĂč la pĂ©riode semi diurne. L’effet du Soleil vient s’ajouter Ă  celui de la Lune lorsqu’il est dans la mĂȘme direction nouvelle Lune, mais aussi lorsqu’il est en direction opposĂ©e pleine Lune, du fait du double bourrelet. Ceci explique l’alternance observĂ©e entre marĂ©es de vives eaux et mortes eaux. La force d’attraction du Soleil est plus forte que celle de la Lune, mais la diffĂ©rence entre les deux cĂŽtĂ©s plus faible en raison de la grande distance, produisant un effet de marĂ©e infĂ©rieur. Ainsi la force d’attraction gravitationnelle dĂ©croit comme le carrĂ© de la distance tandis que l’effet de marĂ©e correspondant dĂ©croit comme le cube de la distance. 3. Variations d’amplitude de la marĂ©e Une complication est apportĂ©e par le fait que ces diffĂ©rentes rotations s’effectuent selon des axes diffĂ©rents l’axe de rotation terrestre est inclinĂ© de 23°26’ par rapport au plan de l’orbite terrestre, lui-mĂȘme proche du plan de l’orbite lunaire inclinĂ© de 5° 9â€Č par rapport au plan de l’orbite terrestre. Le schĂ©ma de la Figure 2 s’applique strictement aux Ă©quinoxes, quand l’axe de rotation est bien transverse Ă  la direction du Soleil, alignĂ© avec la Lune au moment des vives eaux. Cependant aux solstices, un point de la Terre parcourt les bourrelets selon un cercle inclinĂ©, conduisant Ă  une plus faible amplitude. On peut s’en convaincre en considĂ©rant le cas limite d’une inclinaison Ă  90° au solstice l’axe de la Terre serait alors orientĂ© le long de l’axe du bourrelet, et un point sur Terre tournerait alors autour sans variation de hauteur, Ă  la maniĂšre d’un ballon de rugby en rotation autour de son grand axe. Enfin l’orbite de la Lune n’est pas circulaire, mais elliptique, de sorte que sa distance Ă  la Terre varie de 10% entre le pĂ©rihĂ©lie minimum et l’aphĂ©lie maximum. Il s’en suit que l’effet de marĂ©e est plus grand au pĂ©rihĂ©lie de 30% Ă  cause de la dĂ©pendance en cube de la distance. Ces diffĂ©rents effets astronomiques sont pris en compte de façon trĂšs prĂ©cise pour Ă©tablir les tables de marĂ©e. La comprĂ©hension et la prĂ©diction des marĂ©es ont suscitĂ© de trĂšs nombreux travaux tout au long des 19e et 20e siĂšcle focus 1 en raison de son intĂ©rĂȘt fondamental et de son importance pour la navigation et pour l’utilisation du littoral. 4. Ondes de marĂ©e Le schĂ©ma statique de Newton suppose que le bourrelet ocĂ©anique, fixe par rapport Ă  la Lune, se propage donc par rapport Ă  la Terre Ă  la vitesse opposĂ©e Ă  sa rotation, soit 450 m/s Ă  l’équateur. Ceci n’est pas possible car une dĂ©formation de la surface de l’ocĂ©an se propage Ă  une vitesse limitĂ©e Ă  environ 200 m/s. Cette vitesse est liĂ©e Ă  la profondeur d et l’accĂ©lĂ©ration de la gravitĂ© g par la formule c=gd1/2 lire ce qui conduit en effet Ă  c=200 m/s pour une profondeur moyenne de d=4000 m. Cette onde se trouve donc en retard par rapport Ă  la position de la Lune, ce qui conduit Ă  un dĂ©calage en retard du bourrelet comme schĂ©matisĂ© sur la Figure 2b. La forme des cĂŽtes contraint aussi fortement la propagation, les bassins ocĂ©aniques se comportant comme de grandes cuvettes d’eau secouĂ©es par la force de marĂ©e. Il s’y Ă©tablit des modes propres d’oscillation, analogues aux modes de vibration des ondes sonores dans un instrument de musique. La thĂ©orie de Newton reste exacte en tant que force motrice mais la dĂ©formation qui en rĂ©sulte dĂ©pend donc de ces phĂ©nomĂšnes de propagation et des rĂ©sonances qui apparaissent lorsque la frĂ©quence d’excitation coĂŻncide avec des frĂ©quences propres d’oscillation des bassins ocĂ©aniques. Figure 3. Amplitude et phase de la marĂ©e M2 pĂ©riode semi-diurne mesurĂ©e par le satellite altimĂ©trique Topex-Poseidon. Les couleurs reprĂ©sentent l’amplitude le marnage est le double de l’amplitude, et les lignes blanches la phase, c’est-Ă -dire le temps sĂ©parant le maximum du passage de la Lune au zĂ©nith. L’amplitude des marĂ©es est maintenant cartographiĂ©e avec une prĂ©cision de l’ordre du centimĂštre grĂące aux satellites altimĂ©triques voir Figure 3. On voit que l’amplitude est trĂšs variable, au grĂ© des ventres d’oscillation maxima en rouge et des nƓuds d’oscillation ou l’amplitude s’annule en bleu. Les lignes d’égale phase sont Ă©galement montrĂ©es elles reprĂ©sentent le retard du maximum de marĂ©e par rapport au passage de la Lune au zĂ©nith. L’onde de marĂ©e se propage perpendiculairement Ă  ces lignes, donc en tournant autour des nƓuds. Cette rotation, due Ă  la force de Coriolis, est dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre dans l’hĂ©misphĂšre Nord. La modulation des marĂ©es par les diffĂ©rents effets astronomiques s’exprime plus prĂ©cisĂ©ment comme une somme d’excitations Ă  des pĂ©riodes diffĂ©rentes, le mode semi-diurne Ă©tant cependant dominant. C’est ce mode, appelĂ© M2, qui est reprĂ©sentĂ© sur la Figure 3. On remarquera que la distance moyenne entre ventres ou entre noeuds correspond Ă  la longueur d’onde de marĂ©e de l’ordre de 8500 km, soit la distance parcourue par l’onde Ă  la vitesse c=200 m/s pendant la pĂ©riode de 12 h. Il existe aussi une excitation Ă  la pĂ©riode diurne, rĂ©sultant d’une lĂ©gĂšre asymĂ©trie des deux bourrelets d’attraction opposĂ©s. Ce mode appelĂ© M1 est forcĂ© Ă  un niveau 20 fois plus faible que le mode M2, mais il entre efficacement en rĂ©sonance avec l’ocĂ©an Pacifique, de taille comparable Ă  sa longueur d’onde, environ 15 000 km. La marĂ©e diurne est ainsi importante dans certaines rĂ©gions du Pacifique. Les rĂ©gions situĂ©es sur des noeuds du mode M2, comme le Viet-Nam, voient alors essentiellement ce mode M1 3e courbe de la Figure 1. D’autres rĂ©gions prĂ©sentent une superposition des deux modes M1 et M2 2e et 4e courbes de la Figure 1. Figure 4. Maquette de la Manche sur la grande plate-forme tournante Coriolis » de Grenoble. L’onde de marĂ©e est souvent amplifiĂ©e dans les baies ou mers intĂ©rieures comme la Manche. En effet l’énergie s’y propage moins vite, en racine carrĂ© de la profondeur, d’oĂč une augmentation de densitĂ© d’énergie Ă  flux constant passer de 5000 m Ă  50 m produit ainsi une augmentation d’énergie d’un facteur 10, soit une augmentation de l’amplitude d’un facteur 3. Ainsi dans la Manche, l’amplitude moyenne passe typiquement de 1 m au large Ă  3 m, et la marĂ©e est associĂ©e Ă  un fort courant. Le courant entrant est dĂ©viĂ© vers la cĂŽte Française par la force de Coriolis, et s’en Ă©carte au contraire Ă  marĂ©e descendante, ce qui amplifie l’amplitude de marĂ©e du cĂŽtĂ© Français, au dĂ©triment du cĂŽtĂ© Anglais. Ces effets ont pu ĂȘtre reproduits en similitude sur la grande plate-forme tournante Coriolis », montrĂ©e sur la figure 4. Le forçage par la marĂ©e ocĂ©anique est alors reproduit par un batteur oscillant situĂ© Ă  l’entrĂ©e de la Manche. L’amplitude est la phase de la marĂ©e sur l’ensemble de la Manche ont ainsi pu ĂȘtre reproduits Figure 5. Figure 5. Courbes d’iso amplitude en haut et d’iso phase en bas mesurĂ©es sur la plate-forme Coriolis. Les courbes expĂ©rimentales en pointillĂ©s sont comparĂ©es aux observations en traits pleins. On voit que l’amplitude est particuliĂšrement forte dans la Baie du Mont Saint-Michel, tandis que les lignes de phase caractĂ©risent la propagation de l’onde de MarĂ©e dans la Manche. Les modĂšles numĂ©riques actuels permettent de reproduire et de prĂ©dire ces phĂ©nomĂšnes de marĂ©e avec une prĂ©cision de l’ordre de 1 cm en prenant en compte l’excitation et la propagation de tous ces modes. Les principales difficultĂ©s sont la prise en compte du frottement sur le fond ocĂ©anique en rĂ©gime turbulent et les pertes d’énergie par excitation de marĂ©e interne voir section 7. 5. Autres influences sur le niveau de la mer La marĂ©e n’est pas le seul effet influençant le niveau de la mer. On peut tout d’abord se poser la question de la pertinence de mesures au cm prĂšs dans une mer souvent agitĂ©e de vagues de plusieurs mĂštres. Mais le niveau moyennĂ© sur plusieurs km carrĂ©s est trĂšs bien dĂ©fini mĂȘme s’il fluctue trĂšs fortement en chaque point. De plus, en ce qui concerne les amplitudes de marĂ©e comme celles de la Figure 3, le signal est filtrĂ© Ă  une pĂ©riode donnĂ©e 12h 25 min, Ă  la maniĂšre de la sĂ©lection de frĂ©quence utilisĂ©e pour capter les ondes radio. Ainsi les effets agissant Ă  d’autres frĂ©quences ne sont pas pris en compte. Parmi ces autres effets, la pression atmosphĂ©rique est un facteur assez immĂ©diat. Une haute pression fait localement baisser le niveau de l’eau une surpression de 10 hPa = 103 N/m2 induit par simple Ă©quilibre hydrostatique une baisse du niveau de 10 cm la hauteur h d’une colonne d’eau dont le poids ρgh est de 103 N/m2 ρ≈103 kg/m3 reprĂ©sente ici la densitĂ© de l’eau. Une basse pression fait au contraire monter le niveau. La surcote atteint une valeur de un mĂštre pour une pression atmosphĂ©rique de 913 hPa, se produisant au cƓur d’ouragans extrĂȘmes. Cette montĂ©e des eaux amplifie les dĂ©gĂąts dus aux vagues et aux fortes prĂ©cipitations dans les rĂ©gions cĂŽtiĂšres. Un deuxiĂšme effet, dynamique cette fois, est dĂ» Ă  la force de friction du vent. Lorsque celui-ci est dirigĂ© vers le large, cette force abaisse le niveau d’eau, et au contraire pousse l’eau vers le rivage dans le cas contraire. Une surĂ©lĂ©vation de l’ordre de 1 m peut ĂȘtre ainsi produite lors de fortes tempĂȘtes. La coĂŻncidence de ces phĂ©nomĂšnes avec de fortes marĂ©es favorise la rupture de digues de protection Ă  l’origine d’inondations comme lors de la tempĂȘte Xynthia’ qui frappa la France en FĂ©vrier 2010, ou l’ouragan Katrina qui inonda la Nouvelle-OrlĂ©ans en Aout 2005. Ces phĂ©nomĂšnes, dĂ©pendant des vents et pression, sont cependant plus prĂ©visibles que les prĂ©cipitations intenses et trĂšs locales Ă  l’origine des inondations Ă©clairs. A plus long terme, le niveau moyen de la mer croit en prĂ©sence de rĂ©chauffement climatique en raison de la dilatation de l’ocĂ©an, pour 65 % environ, et de la fonte des glaciers pour les 35% complĂ©mentaires. Les mesures rĂ©centes indiquent une Ă©lĂ©vation moyenne de l’ordre de 2 mm/an. Enfin le niveau de l’eau sur le littoral dĂ©pend aussi de l’évolution de la Terre solide. Le transport de sĂ©diment modifie le trait de cĂŽte, par envasement ou Ă©rosion. Ce dernier effet tend actuellement Ă  dominer en raison des barrages sur les grands fleuves qui rĂ©duisent l’apport de sĂ©diments. La cĂŽte de Louisiane est ainsi fortement Ă©rodĂ©e Ă  cause de la baisse des sĂ©diments apportĂ©s par le Mississippi. Les mouvements gĂ©ologiques profonds apportent Ă©galement leur contribution, modifiant la forme des cĂŽtes par la dĂ©rive des continents sur des durĂ©es de millions d’annĂ©es. Au Canada et en Europe du Nord, l’effet gĂ©ologique le plus marquant est le rebond post-glaciaire qui soulĂšve la Scandinavie de plusieurs mm par an suite Ă  l’allĂ©gement dĂ» Ă  la fonte des calottes glaciaires survenue il y a 10 000 ans. Ce soulĂšvement induit par compensation un enfoncement des zones pĂ©riphĂ©riques comme la Bretagne. Ainsi des menhirs dressĂ©s sur la Terre ferme il y a 7000 ans se retrouvent dans la mer, aprĂšs un enfoncement du continent d’environ 7 m. 6. Exploiter l’énergie de la marĂ©e Les moulins Ă  marĂ©e ont Ă©tĂ© utilisĂ©s depuis le Moyen Age pour capter l’énergie de la marĂ©e sur les sites favorables, les estuaires ou anses Ă  l’abri des vagues pouvant ĂȘtre Ă©quipĂ©s de petits barrages. Le principe en a Ă©tĂ© repris pour l’usine marĂ©motrice de la Rance, mise en service en 1967. Avec une puissance moyenne de 57 MW puissance installĂ©e de 240 MW, elle produit 3,5 % de la consommation Ă©lectrique de la Bretagne et 45% de sa production Ă©lectrique. Elle est restĂ©e la plus grande usine marĂ©motrice au monde pendant 45 ans, jusqu’à la mise en service en 2011 de la centrale de Sihwa Lake en CorĂ©e du Sud, lĂ©gĂšrement plus puissante 254 MW installĂ©. L’installation utilise un barrage en travers de l’estuaire de la Rance, avec turbines Ă  pales orientables pouvant fonctionner dans les deux sens, Ă  marĂ©e montante ou marĂ©e descendante. Cependant peu de sites Ă  forte marĂ©e permettent la construction d’installations de cette taille, et les impĂ©ratifs de prĂ©servation des sites naturels rend aujourd’hui difficile leur construction en bord de mer. Un projet beaucoup plus ambitieux consistait Ă  barrer la baie du Mont Saint-Michel, site particuliĂšrement exceptionnel en termes d’amplitude de marĂ©e. Ce projet a ensuite Ă©tĂ© abandonnĂ© au profit du dĂ©veloppement des centrales nuclĂ©aires dans les annĂ©es 1970. Figure 6. Carte des amplitudes de vitesses des courants de marĂ©e, et sites d’installation de prototypes sur la cĂŽte Bretonne Raz de Sein, Ouessant et Raz Blanchard. En encart, modĂšle d’hydrolienne dĂ©veloppĂ©e par EDF diamĂštre 10 m [5]..La tendance actuelle est d’utiliser directement les courants produits par la marĂ©e grĂące Ă  des hydroliennes, Ă©quivalent marins des Ă©oliennes. Ces turbines ne nĂ©cessitent pas de retenues et leur l’impact sur l’environnement est donc moindre. Les dĂ©veloppements n’en sont cependant qu’au stade de prototypes de quelques MW, avec des sites tests en Ecosse et en Bretagne cf. Figure 6. En Ecosse l’objectif est Ă  terme de rĂ©aliser des fermes rĂ©unissant des centaines d’hydroliennes. La ressource totale estimĂ©e en Europe est de l’ordre de 10 000 MW installĂ© 5000 MW moyen, dont 80 % en France et en Grande-Bretagne. Cela reprĂ©sente environ 10% de la puissance Ă©lectrique moyenne consommĂ©e en France. Cette ressource reprĂ©sente Ă  peine 0,2 % de la puissance totale dissipĂ©e pas les marĂ©es et donc perdue par la rotation terrestre voir section 8. L’extraction d’énergie tend Ă  freiner le courant de marĂ©e et donc Ă  rĂ©duire localement son amplitude, ce qui rĂ©duit les pertes par frottement visqueux. On peut s’attendre Ă  ce que l’énergie extraite soit de toute façon dissipĂ©e en chaleur en l’absence de captage. Il n’est cependant pas facile de calculer l’impact en retour sur la rotation terrestre, de toute façon trĂšs faible [6]. 7. MarĂ©e interne La densitĂ© de l’ocĂ©an croĂźt avec la profondeur, l’eau de surface Ă©tant plus chaude donc moins dense que l’eau profonde. Une telle stratification en densitĂ© peut Ă©galement rĂ©sulter de la salinitĂ©, par exemple au DĂ©troit de Gibraltar oĂč l’eau ocĂ©anique pĂ©nĂštre dans la MĂ©diterranĂ©e en restant en surface Ă  cause de sa densitĂ© infĂ©rieure. On peut schĂ©matiser cette situation par un modĂšle Ă  deux couches de densitĂ© diffĂ©rente. Des oscillations dites ondes internes, peuvent se propager le long de cette interface de façon analogue aux ondes de surface. Elles sont cependant beaucoup plus lentes, dĂ©crites en remplaçant la gravitĂ© g par une gravitĂ© rĂ©duite gΎρ/ρ, oĂč Ύρ/ρ est la diffĂ©rence relative de densitĂ© entre les deux couches. Dans une couche de surface d’épaisseur H, la vitesse de propagation des ondes est donc c=HgΎρ/ρ1/2 . Pour une valeur typique Ύρ/ρ=0,001, la propagation est donc 30 fois plus lente que pour les ondes de surface d’une couche de mĂȘme Ă©paisseur c=1 m/s pour une couche d’épaisseur H=100 m. Figure 7. MarĂ©e interne visualisĂ©e par son impact sur la rugositĂ© de la surface ocĂ©anique. Mer de Sulu entre les Philippines et Borneo. La distance entre deux trains d’ondes, produits Ă  12 h d’intervalle, est d’environ 100 km. [Source photo satellite marĂ©e est associĂ©e Ă  un courant horizontal sur toute la hauteur d’eau. Cependant au passage d’un talus, ce courant acquiert une composante verticale qui dĂ©forme l’interface et gĂ©nĂšre ainsi une onde interne, appelĂ©e dans ce cas marĂ©e interne. Ces ondes ont une longueur d’onde de l’ordre de 100 km distance parcouru Ă  1 m /s pendant la pĂ©riode de marĂ©e 12 h. De plus elles ont tendance Ă  se localiser en trains de solitons, ondes compactes de forte amplitude Figure 7. Bien que ces ondes se propagent en profondeur, les courants horizontaux qu’elles engendrent se voient en surface par la modification des formes de vagues, ce qui change la brillance de la mer. La gĂ©nĂ©ration de marĂ©e interne est observĂ©e dans de nombreuses rĂ©gions de l’ocĂ©an. L’une des plus actives est le DĂ©troit de Luzon, sĂ©parant TaĂŻwan et les Philippines, oĂč une crĂȘte sous-marine engendre en Mer de Chine des ondes internes dont le dĂ©placement vertical dĂ©passe 300 m. La dissipation de ces ondes par dĂ©ferlement contribue au mĂ©lange vertical de l’ocĂ©an qui lui-mĂȘme influe sur sa circulation gĂ©nĂ©rale et sur le climat. 8. Effets astronomiques et dissipation d’énergie Sur des temps astronomiques, les marĂ©es ont pour effet d’augmenter la durĂ©e du jour, de 2 ms par siĂšcle, soit environ une heure sur 200 millions d’annĂ©es. Ce ralentissement de la rotation terrestre se mesure trĂšs bien avec les horloges atomiques actuelles. Par ailleurs l’effet de marĂ©e Ă©loigne la Lune de 3,8 cm/an. Cet effet se mesure directement avec une prĂ©cision de 1 cm en mesurant le temps d’aller-retour d’impulsions laser envoyĂ©es sur des rĂ©flecteurs dĂ©posĂ©s par les missions lunaires Apollo [7]. Le ralentissement de la rotation est confirmĂ© par l’observation de coraux fossiles [8], dont les cercles de croissance journaliers permettent de compter les jours dans une annĂ©e. Ainsi l’annĂ©e comptait 410 jours il y a 400 millions d’annĂ©es, soit une durĂ©e du jour de 21,5 heures. Des bandes mensuelles associĂ©es Ă  la pleine Lune indiquent de plus que l’annĂ©e comptait 13 mois. La Lune tournait ainsi plus rapidement et Ă©tait donc plus proche de la Terre. Ces effets se comprennent facilement avec le schĂ©ma de la figure 2b. La rotation Terrestre tend Ă  entrainer le bourrelet qui est donc dĂ©phasĂ© par rapport au modĂšle statique de Newton. L’attraction lunaire exerce ainsi un couple qui ralentit la Terre et rĂ©ciproquement apporte de l’énergie Ă  la Lune. De façon contre-intuitive de prime abord, un tel apport d’énergie tend Ă  Ă©loigner la Lune, et donc Ă  ralentir sa rotation, dont la vitesse dĂ©croit en 1/r1/2. Cependant le moment cinĂ©tique de la Lune, produit de la vitesse par la distance r Ă  la Terre augmente bien en r1/2, conformĂ©ment au sens moteur du couple. Le moment cinĂ©tique de la Terre diminue dans la mĂȘme proportion de sorte que le moment cinĂ©tique total est conservĂ©. L’énergie mĂ©canique totale diminue quant Ă  elle, convertie en chaleur lors de la dissipation des courants marins produits par la marĂ©e. Les mesures astronomiques permettent de dĂ©terminer avec prĂ©cision la dĂ©croissance d’énergie de rotation et donc d’en dĂ©duire la puissance totale dissipĂ©e par les marĂ©es 2,9 x 1012 watts. Les ocĂ©anographes ont de leur cĂŽtĂ© estimĂ© une puissance dissipĂ©e environ moitiĂ© par l’étude des courants de marĂ©e, majoritairement actifs dans les zones cĂŽtiĂšres. Il est maintenant Ă©tabli que la dissipation manquante’ est due Ă  l’excitation de la marĂ©e interne voir section 7, qui se propage Ă  l’intĂ©rieur de l’ocĂ©an et finit par se dissiper. Cette dissipation se produit par dĂ©ferlement des ondes, produisant un lent mĂ©lange vertical de l’ocĂ©an. L’influence de ces effets sur la circulation thermo-haline est actuellement l’objet d’actives recherches. Notes et rĂ©fĂ©rences Image de couverture. Mont-Saint Michel, oĂč les marĂ©es peuvent atteindre un marnage de 15m. source . [1] [2] Les enregistrements de marĂ©e sur plus de 900 sites Ă  travers le monde sont disponibles sur [3] Newton I. 1687 ’Philosophiae naturalis principia mathematica’ [4] [5] Maitre T., [6] Cette affirmation mĂ©riterait cependant d’ĂȘtre nuancĂ©e, car un captage important modifierait en retour la forme et la phase des marĂ©es, et donc le couple exercĂ© sur la Terre. Quoique il en soit une extraction de 5 000 MW reprĂ©sente tout juste 0,2 % de la puissance totale dissipĂ©e dans les marĂ©es voir section 8 [7] [8] Runcorn , Corals as paleontological clocks», Scientific American, vol. 215,‎ 1966, p. 26–33 L’EncyclopĂ©die de l’environnement est publiĂ©e par l’Association des EncyclopĂ©dies de l’Environnement et de l’Énergie contractuellement liĂ©e Ă  l’universitĂ© Grenoble Alpes et Ă  Grenoble INP, et parrainĂ©e par l’AcadĂ©mie des sciences. Pour citer cet article SOMMERIA JoĂ«l 2022, Les marĂ©es, EncyclopĂ©die de l’Environnement, [en ligne ISSN 2555-0950] url Les articles de l’EncyclopĂ©die de l'environnement sont mis Ă  disposition selon les termes de la licence Creative Commons BY-NC-SA qui autorise la reproduction sous rĂ©serve de citer la source, ne pas en faire une utilisation commerciale, partager des conditions initiales Ă  l’identique, reproduire Ă  chaque rĂ©utilisation ou distribution la mention de cette licence Creative Commons BY-NC-SA.

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